Vergers conservatoires

Les débuts...

C'est dans les années 70 que le souci de conserver les anciennes variétés d'arbres fruitiers est apparu en Suisse. C'est probablement Roger Corbaz en Suisse romande et Karl Stoll en Suisse allemande, qui, les premiers, se sont occupés de rassembler des variétés et de créer des collections. Roger Corbaz fonde en 1975 le Verger d'autrefois à l'Arboretum du Vallon de l'Aubonne. Son premier objectif était de conserver une base génétique large et des variétés aptes à résister aux maladies. Dans ces mêmes années, Karl Stoll constitue dans son jardin de Wädenswil une collection de plus de 300 variétés de pommiers.
Une décennie plus tard sont apparues les premières organisations de sauvegarde et de conservation des anciennes variétés fruitières. En 1985, fondation de Fructus et mise sur pied d'un programme fruitier chez Pro Specie Rara; en 1987, création à Neuchâtel de Rétropomme et à Schaffhouse de l'association Obstgarten-Aktion. Mais c'est dans les années 90 que fleurit un nombre encore plus important d'organisations actives dans la conservation: en 1993, Association pour la sauvegarde de la Baroche, ainsi qu'Obst-verein Mittelbünden; en 1994, Verein Obstsammlung Roggwil; en1997 Verein Edelchrüsler et bien d'autres encore.
En parallèle, diverses collections sont créées dans les stations cantonales, les écoles spécialisées et certains jardins botaniques, comme la collection du Centre horticole de Lullier (GE); la collection de l'Ecole de Châteauneuf (VS); la collection de la Fachschule Oeschberg (BE); et les collections des jardins botaniques de Fribourg, Genève et Neuchâtel.
Cette liste est loin d'être exhaustive, mais elle illustre l'intérêt que suscite la diversité des variétés de fruits. Cet intérêt est certainement motivé par l'uniformisation de l'offre variétale sur le marché et la disparition progressive du verger traditionnel haute tige. Les démarches de conservation entreprises par les principaux acteurs sont des plus diverses. Certains visent la conservation des variétés dans des collections, d'autres assurent la conservation des variétés chez des particuliers (conservation on garden et on farm), d'autres encore conservent l'ensemble de la biodiversité en privilégiant la flore et la faune spécifiques des vergers.

Situation en 2005 du Réseau national pour la conservation des arbres fruitiers en Suisse

réseau national pour la conservation des arbres fruitiers en suisse

Coordination des efforts de conservation sur le plan national

Jusqu'en 1999, les différentes organisations actives dans le domaine de la conservation des variétés fruitières collaborent ponctuellement sans cependant coordonner leurs efforts vers une conservation systématique des ressources génétiques.
En 1996, la CPC (Commission suisse pour la conservation des plantes cultivées ), fondée en 1991, effectue un inventaire des collections existantes et édite une liste des accessions qu'elles conservent. En 1999, elle crée un groupe de travail « arbres fruitiers » regroupant les principaux acteurs sur le plan Suisse, afin de coordonner les activités dans le cadre du PAN, Plan d'action national pour la conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l'agriculture et l'alimentation, mis sur pied la même année par l'Office fédéral de l'agriculture.

Un Réseau national pour conserver les ressources phytogénétiques

Le programme PAN prévoit de conserver les variétés fruitières dans le cadre d'un Réseau national constitué de trois types de collections. Les collections primaires forment le noyau du réseau: plantées d'arbres haute tige, elles conservent les variétés de la région où elles sont implantées. Les collections dupliquées, constituées d'arbres basse tige, sont délocalisées pour une garantie de conservation supplémentaire. Des collections d'introduction complètent le réseau et permettent la conservation du matériel variétal pas ou mal identifié. L'ensemble des activités est régi par des cahiers des charges précis et coordonné par la commission CPC. Les données sont gérées par la Base de données nationale pour la conservation des ressources phyto-génétiques.


Rétropomme : cinq vergers conservatoires en Suisse romande Version imprimable Suggérer par mail
Initié en 2003, la mise en place des vergers conservatoires vise à assurer la conservation et la diffusion des variétés fruitières anciennes de nos régions. Elle s’inscrit dans un projet plus vaste, fédéral, coordonné par la Confédération dans le cadre du Plan d’action national pour la conservation et l’utilisation durable des ressources phytogénétiques, pour l’alimentation et l’agriculture (PAN)

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